Pour les femmes, les embûches sont nombreuses tout au long de leur carrière dans un domaine à prédominance masculine. Elles doivent surmonter des obstacles qui ne s’imposent pas aux personnes majoritaires, dans ce cas-ci, les hommes. Pour s’intégrer, les travailleuses changent leurs attitudes, gestes et comportements. Certaines tentent de se fondre dans le groupe avec une bonne dose d’humour, voire de déni. Ces stratégies individuelles fonctionnent peu si elles ne sont pas accompagnées d’une approche collective dans les milieux de travail. Parmi les solutions éprouvées, la mise en place d’un programme de mentorat s’avère une mesure efficace.

Statut minoritaire et isolement

Le statut minoritaire des femmes se reflète par un isolement souvent lourd à porter au quotidien puisque les milieux de travail à prédominance masculine ne sont pas des milieux neutres. En effet, il s’agit de terrains marqués par une culture éminemment masculine qui a pour effet de rendre difficile l’adaptation des travailleuses. Parmi les nombreux défis nommés par celles-ci, on retrouve le sexisme ordinaire, la difficulté à prendre sa place lorsque le leadership féminin est mal perçu par les hommes et la ségrégation sexuelle du travail (ex. : lorsque les tâches sont subdivisées de manière stéréotypée). Certaines relatent que leur travail est constamment observé par leurs collègues. Qu’il s’agisse de simple curiosité ou de méfiance, ces comportements ont un impact sur la santé physique et psychologique des travailleuses. Le sentiment d’avoir à gagner sa place et à se démarquer persiste, tant pour les nouvelles arrivées que pour celles qui veulent gravir les échelons.

À leur arrivée dans une formation ou un emploi dans un secteur à prédominance masculine, les femmes usent donc de différentes stratégies relationnelles pour s’adapter et y rester : miser sur leur motivation, travailler sur leur confiance et leur estime d’elles-mêmes, adopter une attitude conciliante avec leurs collègues, miser sur le sens de l’humour, se forger une carapace, etc. Si trouver la bonne attitude demeure souvent un casse-tête, il n’en reste pas moins que cet enjeu prend racine d’une façon systémique. Cette stratégie d’adaptation prend alors forme en réponse à une culture sexiste. C’est pourquoi la rétention des employées dans les milieux typiquement masculins doit impliquer plusieurs acteurs : les écoles, les employeurs, les organismes en employabilité, les syndicats, les travailleuses, etc.

Plusieurs stratégies peuvent être mises en place par les entreprises, et les recherches démontrent que les actions les plus porteuses sont celles qui évitent de faire reposer l’ensemble du fardeau de l’intégration sur les épaules des femmes. Un exemple pertinent est l’instauration d’un programme de mentorat, une mesure qui établit alors un lien de confiance essentiel à l’intégration d’une nouvelle travailleuse. Cette relation privilégiée permet de briser l’isolement, de trouver du soutien et de l’écoute au sujet des problèmes rencontrés, de trouver des solutions et surtout, de gagner en confiance. Car même si elles sont compétentes, plusieurs doutent de leurs capacités et ont l’impression de devoir prouver leur crédibilité à leurs homologues masculins. Et on les comprend : Le défi est particulièrement grand lorsqu’il y a une attitude de résistance, de méfiance ou de mise à l’épreuve de la part des collègues.

La relation mentorale permet également le développement d’un réseau et d’un sentiment d’appartenance, où les travailleuses pourront trouver soutien, reconnaissance et confiance plus rapidement que si elles portaient seules le fardeau de l’intégration.

Une solution gagnante pour tout le monde

Les bénéfices retirés dans le cadre d’un programme de mentorat sont légions, tant pour la dyade mentorale que pour l’organisation. Les milieux de travail qui mettent en place des mesures favorisant une meilleure intégration des femmes, comme un programme de mentorat, remarquent une amélioration du climat de travail et de la productivité, en plus d’observer le développement d’une culture d’entraide enrichissante pour toute l’équipe. Car la mixité en emploi, tout le monde y gagne !

Le RGF-CN accompagne gratuitement des entreprises à prédominance masculine qui souhaitent adopter des mesures pour favoriser l’intégration et le maintien en emploi des femmes, un projet rendu possible par le Secrétariat à la condition féminine. Le guide ‘’Milieux de travail inclusifs’’ est également disponible en ligne sur inclusifs.org.

Bio de l’auteure :

Le Regroupement des groupes de femmes de la région de la Capitale-Nationale (RGF-CN) est un organisme qui travaille à la défense collective des droits des femmes. Depuis 1990, il se penche sur les enjeux liés à la santé, la violence et l’autonomie économique des femmes de la région.

Photographie : Christyna Mérette
Logo : Viva Design

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